ANBA TONÈL

Le projet

Description Historique

Aux premières années de la colonisation, les menuets sont les seuls divertissements de la société coloniale. Bientôt jugés trop guindés, ils seront remplacés par le menuet-Congo (mélange de menuet et de rythme africain) introduisant le tambour aux côtés du violon. Les contredanses sont arrivées avant la Révolution française de 1789. Danse favorite des bals de Marie-Antoinette, la contredanse a fait fureur en France, en Angleterre, en Espagne et dans les colonies durant la période esclavagiste. Dans les années 1780, les planteurs des colonies ont commencé à embaucher, sans doute par nostalgie, des maîtres de danse et des maîtres à musique pour apprendre. Pour aider ces professionnels venus d’Europe, les colons donnent la permission à certains esclaves d’étudier la musique européenne et devenir des instrumentistes érudits. La contredanse anglaise a été introduite dans les Antilles suivant un processus comparable. Plus tard, l’arrivée du quadrille a coïncidé dans les Antilles avec la période des abolitions d’esclavage ce qui a renforcé les notions d’élégance et de bon goût qui tendaient déjà à lui être associées. La généralisation de cette pratique artistique a contribué à réduire la distance que les colons d’origine européenne avaient voulu instaurer entre eux et les noires des colonies. C’est pourquoi l’adoption de la danse des européens par les populations noires doit être vue comme un acte de résistance. Résistance à la déshumanisation. Les contredanses et les quadrilles dansés et joués par les personnes d’ascendance africaine contribuent à une remise en question des notions de race, de privilèges et des droits humains dans les colonies. La mode du quadrille n’a pas touché tous les pays de la Caraïbes de façon uniforme. En Haïti par exemple, le quadrille français n’a pas pu s’imposer à cause de l’état d’insurrection et de guerre contre l’occupation européenne durant la première moitié du 19e siècle. C’est plutôt la contredanse d’influence française qui se danse encore sous la tonnelle en Haïti en marge des cérémonies vodou pendant la semaine sainte ou la semaine qui précède le carnaval. Plus tard les bals de quadrilles laissent la place aux danses de couples telles que la mazurka, la valse et la polka. La polka très populaire au début du 20e siècle donnera naissance plus tard à la biguine en Martinique et Guadeloupe.

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Montreal, QC, Canada